mardi 1 septembre 2009
(livre) Jean Servier - L'homme et l'invisible (1964)
"Jean Servier était un ethnologue et historien français né le 2 novembre 1918 à Constantine. Décédé le 1 er mai 2000, il était professeur d'ethnologie et de sociologie à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Montpellier."

Où le dogme de la théorie de l'évolution, terreau de l'athéisme ignorant, y est ridiculisé.
Extraits de l'introduction :
" L'imposture de notre science du XXe siécle est de maintenir, à force de dissimulation, des faits nouveaux dans la même ornière. Les matérialistes sont des timorés qui n'osent pas pousser jusqu'à l'extrême pointe de leur domaine, craignant sans doute de devoir abandonner leurs certitudes actuelles; les spiritualistes sont des faibles qui se sont laissé enfermer dans un royaume irréel.
Dans ses livres de vulgarisation, dans ses manuels qui sont autant de catéchismes, la science officielle nous présente comme un acquis de chancelantes hypothèses. Poussée à bout, elle en est réduite à nous demander toute une série d'actes de foi :
Il faut croire à un un état vibratoire primordial ayant engendré la matière, même si aucun physicien n'a pu reproduire ce phénomène en laboratoire. Il faut croire à toute une série de combinaisons chimiques qui, dans des conditions également irréalisables en laboratoire, c'est à dire invérifiables, auraient donné la vie. Il faut croire à une volonté de vie, conçue comme une sorte d'entité métaphysique de se réaliser dans les meilleures formes possibles à travers le buissonnement des espèces vivantes. Il faut croire surtout à une fausse couche de singes qui aurait survécu par hasard pour donner l'homme après une longue série d'improbabilités miraculeusement surmontées.
Chacun de ces hasards peut être représenté par une fraction au numérateur égal à l'unité et au dénominateur illimité.
Toutes ces théories, tous ces systèmes, toutes ces conclusions venant avant l'observation des faits, ont pour seul but de calmer l'angoisse de l'homme blanc isolé si longtemps du reste de l'humanité et lui donner bonne conscience de ses crimes et de ses oppressions.
Nos manuels scolaires, nos musées, persistant à faire du singe l'ancêtre de l'humanité inculquent les principes de base du racisme en considérant les hommes des civilisations traditionnelles comme des fossiles témoins, les jalons de la voie royale qui mène au trône de l'homme blanc, seul "adulte et civilisé", aboutissement de toute évolution.
L'humanité entière vue dans cette perspective évolutionniste parait composée de nigauds crédules; en revanche, les quelques esprits partisans qui refusent d'entendre la longue prière de l'homme au travers de toutes les civilisations, d'un bout à l'autre de l'espace et du temps deviennent du même coup, par la volonté des savants occidentaux, seuls lucides dans un monde voué à l'erreur.
Il vaudrait mieux admettre que l'évolutionnisme matérialiste est une religion demandant beaucoup à la foi et peu à la raison. Les gestes de l'homme nu dans la foret équatoriale accomplissant les rites immuables de sa tribu près de son frère mort, posent, face à l'occident la première question, le premier de tous les problèmes, car ces gestes sont répétés en termes identiques, mettant en mouvement des symboles analogues d'un bout à l'autre de l'humanité supposant la même foi en une même réalité.
C'est de cet homme dont j'ai voulu parler chaque fois que j'ai employé le mot "homme", parce qu'il est resté fidèle à lui même en gardant le sens de sa place dans l'univers et la notion de l'infinie valeur du principe invisible qu'il porte en lui.
Le terme d'Invisible m'a paru définir plus fidèlement ce que certains philosophes appellent le "Numineux" et d'autres le "Sacré". Le Sacré peut être créé par l'homme alors que l'Invisible s'impose à lui. Dans l'esprit de l'homme des civilisations traditionnelles, l'Invisible n'a pas le vague d'un concept métaphysique, il est une réalité, une dimension dans laquelle se meut chacun des hommes composant l'humanité entière. L'Invisible est dans l'homme, plus réel plus présent que n'importe quelle partie de son corps. L'Invisible est autour de l'homme comme un milieu qui enregistre chacune de ses actions terrestres et les réfléchit en conséquences qui seraient inéluctables sans l'action de médiateurs, invisibles eux aussi.
Le terme de "civilisations traditionnelles", employé pour désigner les civilisations différentes de la notre, souligne le rôle qu'elles ont joué jusque-là dans l'humanité : conserver et transmettre d'âge en âge un même lot de certitudes issues peut-être d'un même enseignement, d'une même tradition.
Les sauvages n'existent pas. Les hommes sont égaux en valeur intellectuelle et en pensée. Ils nous apparaissent plus soucieux des choses invisibles que des biens de ce monde au mépris de tous les déterminismes géographique, économique, social ou historique. Les sauvages n'ont jamais existé, car l'homme n'a jamais évolué dans le cadre que lui trace une pensée simpliste le faisant partir du singe d'Afrique pour aboutir à l'homme blanc adulte et civilisé, après toutes sortes d'aventures intéressantes.
Rien ne paraissait pourtant plus satisfaisant pour l'esprit et la raison que les conclusions de notre science, reléguant tous les problèmes avec les vielles lunes et mettant une fois pour toutes l'humanité à sa place. Notre homme pouvait ainsi entrer au Museum, son étiquette au cou, terminant heureusement une longue série d'être vivants dont l'origine se perd dans le plasma de Notre Mère l'Amibe."
Puis il commence le premier chapitre en déboulonnant de façon hilarante ce mythe :
" La vie, nous dit la science officielle, est apparue sur terre au hasard de la combinaison d'éléments chimiques dans des conditions particulières de température, de pression et d'irradiation. L'unicellulaire est, au cours des millénaires, devenu agrégat de cellules dont certaines, en se différenciant, ont contribué à former les organes spécialisés du premier animal : il vivait dans la mer.
Cette existence aquatique n'était sans doute pas dépourvue d'ennui car le Premier Animal vint respirer de plus en plus souvent à la surface de l'eau. Le mouvement l'avait transformé en poisson, la respiration aérienne en fit une sorte de batracien. Oublieux de l'océan primordial que les biologistes lui ont assigné comme habitat, il se dirigea vers les marais voisins. A son tour, le crapaud ou la grenouille s'est écarté des étangs et, vivant on ne sait pas très bien pourquoi, dans les rochers, il devint de plus en plus reptile.
Le Lézard - car c'était son nouveau nom - a hésité : certains membres de sa famille ont rêvé de courir dans les champs, ce qui les a transformés en mammifères; d'autres au contraire, faisant du trapèze sur les arbres, ont fini par devenir oiseaux au fil des millénaires.
Tout cela, nous disent les biologistes, s'est développé de façon "buissonnantes". Certaines branches inadaptés se desséchant et mourant, d'autres au contraire grandissant, donnant à leur tour d'autres "buissons" de formes qui sont parvenues ou non jusqu'à nous suivant leur adaptation au milieu et leurs facultés de survie.
Certains mammifères qui avaient la manie de grimper aux arbres ont vu leurs pattes se transformer en mains et, comme ils étaient obligés de garder la tête haute, cette gymnastique a considérablement augmenté leur capacité céphalique : ce furent les premiers singes...dont l'un d'eux réserva les surprises que l'on sait.
- Il y eut un soir puis un matin - et ce fut le premier couple de pré-humains qui, avec le feu inventa le premier complexe en accomplissant l'inceste primordial, fondement de la psychanalyse. C'était un couple discret du reste mais facile à reconnaitre à ses arcades sourcilières saillantes, son front fuyant, ses canines apparentes, sa démarche sautillante comme marquée par le souvenir des folles parties de balançoire dans les arbres de la forêt.
Les générations suivantes abandonnèrent la casquette crânienne paternelle dans un louable souci de promotion sociale et leur front se développa. Faibles mais ambitieux, ces hominiens eurent à combattre l'ours des cavernes et plusieurs autres fauves. Les graines sauvages entassées dans le fond de la caverne germèrent soudain donnant à l'homme l'idée de l'agriculture. Les miracles arrivèrent coup à coup : le chien qui vint appuyer son museau fidèle semblant dire "Appelle-moi Médor", le chat qui ne dit rien mais ronronna près du foyer.
Alors, l'homme, gavé, comblé, près de sa femme qui entortillait la laine du mouton sur une baguette, cherchant à inventer le tricot , se dressa, prit de l'argile colorée et devint en toute sérénité le premier artiste figuratif."
Pour conclure :
" Aucun singe jouant avec des éclats de silex ou des baguettes n'a retrouvé le secret du feu et pris le chemin de "l'homminisation". J'aimerai voir, ne serait-ce qu'une fois, un singe dont le mufle s'atrophie peu à peu parce qu'il court dans la savane, j'aimerais voir aussi un singe façonner un outil. Sans doute peuvent-ils s'aider d'une pierre ou d'un bâton, tout comme la loutre se sert d'un caillou pris au fond de l'eau pour briser une carapace ou une coquille. Ces gestes souvent répétés au fil des millénaires n'ont jamais abouti à la création d'un outillage diversifié.
Les faits s'écartent donc de cette vision simplette du monde qu'est l'évolutionnisme, cette théorie qui se voudrait conclusion scientifique et qui n'est pourtant qu'un dogme. Nous sommes là en plein mythe, au cœur même d'un faux scientifique géant dont la base est l'interrogation sur l'origine de la vie dont nos scientifiques veulent faire un accident de la matière.
La théorie de l'évolutionnisme s'est insinuée jusque dans les sciences qui se proposent la connaissance de l'homme. Elle a apporté avec elle la redoutable division de l'humanité en races supérieures et en races inférieures : affirmation lourde de conséquence mais reposante pour l'esprit, flatteuse pour l'homme blanc dont elle fait l'aboutissement de la création. Le reste de l'humanité n'est plus alors qu'un musée, un conservatoire des tentatives et des espérances de l'homme.
Le progrès, nom donné à cette marche en avant, est conçu comme une immense marée dont le flux inéluctable laisse en arrière d'attendrissants vestiges bien propres à stimuler un intérêt scientifique de bon ton. Tout dans cette hypothèse vient confirmer le naïf espoir de l'homme blanc. Le Noir est un "grand enfant", souvenir des balbutiements de l'humanité; le Rouge est aussi un enfant avide d'eau de feu, de verroterie et de longues carabines; le Jaune est un vieillard endormi par l'opuim, perdu dans les songes du passé.
Dans ses rêves de puissance, le Blanc se voit seul vivant dans le présent, dominant le monde mâitrisant les forces de la matière. La théorie de l'évolutionnisme appliquée à l'homme a eu une importance considérable dans la formation de la pensée occidentale. Elle n'est au fond qu'une tentative philosophique et scientifique pour justifier l'Occident."
"L'homme et l'Invisible", Jean Servier, 1964, éditions du Rocher.
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La revanche du singe
lundi 15 décembre 2008
(livre) René Guénon - La crise du monde moderne (1929)

Quelques extraits transcendants de justesse d'un livre que je viens de finir. Et que dire de la dernière partie, écrite au plus tard en 1929, et s'appliquant à la perfection au contexte international actuel.
« Ce que l'on appelle la Renaissance fut en réalité, comme nous l'avons déjà dit en d'autres occasions, la mort de beaucoup de choses; sous prétexte de revenir à la civilisation gréco-romaine, on n'en prit que ce qu'elle avait eu de plus extérieur, parce que cela seul avait pu s'exprimer clairement dans des textes écrits; et cette restitution incomplète ne pouvait d'ailleurs avoir qu'un caractère fort artificiel, puisqu'il s'agissait de formes qui, depuis des siècles, avaient cessé de vivre leur vie véritable. Quant aux sciences traditionnelles du moyen âge, après avoir eu encore quelques dernières manifestations vers cette époque, elles disparurent aussi totalement que celles des civilisations lointaines qui furent jadis anéanties par quelque cataclysme; et, cette fois, rien ne devait venir les remplacer. Il n'y eut plus désormais que la philosophie et la science «profanes», c'est à dire la négation de la véritable intellectualité, la limitation de la connaissance à l'ordre le plus inférieur, l'étude empirique et analytique de faits qui ne sont rattachés à aucun principe, la dispersion dans une multitude indéfinie de détails insignifiants, l'accumulation d'hypothèses sans fondement, qui se détruisent incessamment les unes les autres, et de vues fragmentaires qui ne peuvent conduire à rien, sauf à ces applications pratiques qui constituent la seule supériorité effective de la civilisation moderne; supériorité peu enviable d'ailleurs, et qui, en se développant jusqu'à étouffer toute autre préoccupation, a donné à cette civilisation le caractère purement matériel qui en fait une véritable monstruosité. »
« Il y a un mot qui fut mis en honneur à la Renaissance, et qui résumait par avance tout le programme de la civilisation moderne : ce mot est celui d' «humanisme». Il s'agissait en effet de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d'ordre supérieur, et, pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre; les Grecs, dont on prétendait suivre l'exemple, n'avaient jamais été aussi loin en ce sens, même au temps de leur plus grande décadence intellectuelle, et du moins les préoccupations utilitaires n'étaient-elles jamais passées chez eux au premier plan, ainsi que cela devait bientôt se produire chez les modernes. L' «humanisme», c'était déjà une première forme de ce qui est devenu le «laïcisme» contemporain; et, en voulant tout ramener à la mesure de l'homme, pris pour une fin en lui-même, on a fini par descendre, d'étape en étape au niveau de ce qu'il y a en celui-ci de plus inférieur, et par ne plus guère chercher que la satisfaction des besoins inhérents au côté matériel de sa nature, recherche bien illusoire, du reste, car elle crée toujours plus de besoins artificiels qu'elle n'en peut satisfaire. »
« Il est vrai que, quand certaines passions s'en mêlent, les mêmes choses peuvent, suivant les circonstances, se trouver appréciées de façons fort diverses, voire même toutes contraires : ainsi, quand la résistance à une invasion étrangère est le fait d'un peuple occidental, elle s'appelle «patriotisme» et est digne de tous les éloges, quand elle est le fait d'un peuple oriental, elle s'appelle «fanatisme» ou «xénophobie» et ne mérite plus que la haine ou le mépris. D'ailleurs, n'est ce pas au nom du «Droit», de la «Liberté», de la «Justice» et de la «Civilisation» que les Européens (occidentaux) prétendent imposer partout leur domination et interdire à tout les hommes de vivre et de penser autrement qu'eux mêmes ne vivent et ne pense ? On conviendra que le «moralisme» est vraiment une chose admirable, à moins qu'on ne préfère conclure tout simplement, comme nous-même, que, sauf exception d'autant plus honorables qu'elles sont plus rares, il n'y a plus guère en Occident que deux sortes de gens assez peu intéressantes l'une et l'autre : les naïfs qui se laissent prendre à ces grands mots et qui croient à leur «mission civilisatrice», inconscients qu'ils sont de la barbarie matérialiste dans laquelle ils sont plongés, et les habiles qui exploitent cet état d'esprit pour la satisfaction de leurs instincts de violence et de cupidité. »
mardi 26 août 2008
(vidéo) J'ai vomi dans mes cornflakes
Pierrick Servais / J'ai vomi dans mes cornflakes
fiction / 03 min 35 / Janvier 2005 - 1er prix du festival Gelymages - Palavas
jeudi 7 août 2008
(livre) La Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole (1937_1969)
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Je n'ai jamais autant abattu de bouquins que depuis que je prend le train pour aller au boulot. Les 40 minutes du trajet sont mon salon de lecture, l'espace privilégié ou je peux, loin de toute technologie facile et moderne, tourner des pages de papier et nourrir l'intérieur de ma tête de découvertes, connaissances où réponses qui m'amèneront à d'autres questions, ou tout simplement comme là, à prendre une bouffée d'air décapante d'humour, de loufoquerie et de critique sociale désopilante.
L'auteur, un trentenaire à l'âge de son suicide, qui se pensait auteur raté, se donna donc la mort. Quel gâchis pour la littérature ! Sa mère, à force de harcèlement, parvient à faire lire le manuscrit à un individu influant, qui s'en régala et enfin le livre sera édité. Il reçu même un prix Pulitzer en 1981.
L'histoire : Ignatius Reilly, un Achille Talon américain, s'exprime avec emphase dans une prose incendiaire aux accents moyenâgeux , il vie avec sa mère alcoolique dans une maison crasseuse de type cage à lapin et passe ses journées à critiquer la « société de dégénérés » à laquelle il tente d'échapper.
Son temps et divisé entre les salles de cinéma et la télé, devant lesquelles il part dans des tirades révoltées qui démarrent toujours par un effaré et tempétueux « Oh mon Dieu ! » et le reste du temps, rédige dans des cahiers d'écoliers un long plaidoyer impitoyable contre cette société de « semi-mongoliens » en buvant des Dr Nut.
Un jour, le voilà qui doit affronter le monde du travail afin de rembourser une dette. Il tentera partout où il mettra ses gros pieds, de provoquer des rébellions et indirectement de faire crouler les boites qui l'embaucheront.
Un livre aux mélanges détonnant en fusion de vérités sucrées salées sur le monde contemporain, le tout baignant dans des délires situationnels burlesques et hilarant ( et bravo au traducteur, c'est vrai kapu !)
Les autres personnages sont aussi croustillant, mais je ne voudrais pas en dire trop...
Cet Ignatius Reilly devrait passer à la postérité !
Ce livre, dont j'ai freiné la lecture tellement j'ai aimé, fait à présent partie de mon panthéon, à côté des Fleurs du Mal ou de 1984.
(Xavier G et Carolisson, je pense que vous devriez apprécier, je veux bien parier d'ailleurs !)
Pour le plaisir, je copie colle à la suite des critiques trouvées sur le net, afin de peaufiner la présentation et de me faire revivre un peu tout ces bons moments de lectures :
" Raconter l'histoire ? Vraiment impossible. Disons, pour la situer, qu'elle se déroule à la Nouvelle-Orléans. Ajoutons, par ailleurs, qu'il s'agit d'un jeune homme, Ignatius J. Reilly. Celui-ci préfère se cloîtrer chez sa mère, à écrire ses réflexions sur de petits cahiers d'écolier. Obèse, paranoïaque et méchant, Ignatius doit malgré tout trouver un emploi suite à un malheureux et onéreux accident de voiture. Et puis, il y a aussi Jones, un Black au cynisme sans limite... Et Mancuso, un flic que la chance fuit à toute vitesse... Sans oublier Marlene, qui voit en son perroquet une ressource financière assurée... Ou encore Monsieur Levy dont la femme est passée maîtresse dans l'art du chantage... Vous l'aurez compris, il est impossible de résumer cette histoire, ou plutôt cet ensemble d'histoires enchevêtrées par une main de maître.
Il faut véritablement le lire pour le croire ! Cruel, drôle, affligeant, délirant, émouvant... La Conjuration des Imbéciles fascine de la première à la dernière page. Mais il faut cependant rendre justice à Jean-Pierre Carasso, le traducteur de ce pamphlet à la crétinerie humaine, qui réalise ici un véritable travail d'orfèvre. Un livre qui vous laissera, à n'en pas douter, bouche bée !" Esteban Miro
"Je crois n'avoir jamais autant ri d'un personnage que de cet Ignatius, véritable marginal ou s'imaginant comme tel, puritain, goinfre, grossier, intellectuel, il illustre parfaitement les paradoxes du genre humain. Ce roman à tiroir, où tout finalement tourne autour d'Ignatius, est un bijou d'acidité et de drôlerie. Quand je pense qu'il a été écrit dans les années 60, je ne peux m'empêcher d'admirer le talent visionnaire de Kennedy Toole, car rien ne permet de penser que l'histoire ne se déroule pas de nos jours. C'est tout simplement brillant." J.Petit
« La conjuration des imbéciles » est un roman à l'originalité indéniable, au style brillant, à l'humour décalé et à l'intelligence fulgurante : un livre tout à fait indispensable donc. Les personnages, Ignatus Reilly en tête, sont truculents. Tour à tour répugnants, attachants, passionnants, orgueilleux, désespérants, lâches ou téméraires, ces ratés magnifiques rêvent de sublime mais n'atteignent finalement que le grotesque. Impossible de ne pas rire à leurs dépens ni de découvrir derrière le loufoque des situations une portée plus profonde, entre satire sociale et réflexion philosophique." Jay
"C'est sans doute le récit le plus incongru qui ait été écrit quant au refus de la bêtise. L'aberration est le seul fil conducteur du monde d'Ignatius; son combat forcené contre le tout et le rien du quotidien est aussi aberrant qu'authentique, sensible et clairvoyant. C'est un livre d'une absolue tristesse parce qu'il rend évident l'inanité d'une volonté absolue de différence et c'est en même temps le livre le plus drôle qu'il m'ait été donné de lire." Eric Labbé
"C'est l'histoire d'un gros. Ignatius J. Reilly qu'il s'appelle. Il habite à La Nouvelle Orléans et n'en est sorti qu'une fois. C'était en autocar panoramique "de la compagnie Greyhound", pour aller à Bâton Rouge. Il a vomi plusieurs fois. "Les autres passagers étaient plutôt courroucés". Il mange beaucoup, bouge peu et boit du Dr. Nut.
J'oubliais, il a un anneau pylorique. Me demandez pas, je sais pas ce que c'est. Sa mère boit du bourbon qu'elle fait réchauffer dans le four. Elle a sacrifié des héritages pour lui permettre d'aller à l'université. 10 ans qu'il y a passé, l'animal. Là-bas, il a rencontré "la péronnelle Myrna Mynkoff". Drôle d'oiseau aussi, celle-là. Militante pour tout, et surtout pour plus de sexualité en politique.
C'est en faisant la queue devant une boulangerie avec sa mère que son histoire va commencer, puisqu'il va être interpelé par l'agent Mancuso, à la recherche de suspect en tous genres. Nous allons ensuite le suivre dans son univers clos, régit par les cycles de la Fortune décrits par Boèce, vieux latin, où il va découvrir un bar louche qui fait des trafics, sa propriétaire, Jones le portier noir embauché à 20$ la semaine, une cigarette au bec sous ses lunettes noires, Santa la tante de Mancuso qui va convertir Mme Reilly au "bouligne" et même M. Levy, des pantalons Levy et M.Clyde, de Paradise Vendors S.A. (hotdogs).
Vue
la vie de l'auteur, on ne sait pas bien si le titre fait référence à
ses personnages ou bien à ses lecteurs. Toujours est-il que La
conjuration des imbéciles est bien un livre rare, rien qu'à travers les
péripéties qui ont accompagné sa genèse (le suicide de son auteur se
croyant un écrivain raté avant la publication du livre est un excellent
argument de vente). On appréciera en tout cas l'humour souvent
caustique dont il fait preuve, son style acerbe et même délicatement
agressif. Pas de bol, John." Damien Coullon
Pour 9 € euros port inclu, c'est là : Amazon.fr
jeudi 26 juin 2008
(livre) Voyage au bout de la nuit de Céline
" Les familles, elles, attendent le feu d'artifice pour aller se coucher. Attendre, c'est la fête aussi. Dans l'ombre tressaillent mille litres vides qui grelottent à chaque instant sous les tables. Des pieds agités consentants ou contradicteurs. On n'entend plus les musiques à force de connaître les airs, ni les cylindres poussifs à moteurs derrière les baraques où s'animent les choses qu'il faut voir pour deux francs. Le cœur à soi quand on est un peu bu de fatigue vous tape le long des tempes. Bim ! Bim ! qu'il fait, contre l'espèce de velours tendu autour de la tête et dans le fond des oreilles. C'est comme ça qu'on arrive à éclater un jour. Ainsi soit'il ! Un jour quand le mouvement du dedans rejoint celui du dehors et que toutes vos idées alors s'éparpillent et vont s'amuser enfin avec les étoiles.
Il survenait beaucoup de pleurs à travers la fête à cause des enfants qu'on écrasait par-ci par-là entre les chaises sans le faire exprès et puis ceux aussi auxquels on apprenait à résister à leurs désirs, aux petits gros plaisirs que leur feraient encore et encore des tours de chevaux de bois. Faut profiter de la fête pour se constituer un caractère. Il n'est jamais trop tôt pour s'y prendre. Ils ne savent pas encore ces mignons que tout se paye. Ils croient que c'est par gentillesse que les grandes personnes derrière les comptoirs enluminés incitent les clients à s'offrir les merveilles qu'ils amassent et dominent et défendent avec des vociférants sourires. Ils ne connaissent pas la loi les enfants. C'est à coups de gifles que les parents la leur apprennent la loi et les défendent contre les plaisirs.
Il n'y a jamais de fête véritable que pour le commerce et en profondeur encore et en secret. C'est le soir qu'il se réjouit le commerce quand tous les inconscients, les clients, ces bêtes à bénéfices sont partis, quand le silence est revenu sur l'esplanade et que le dernier chien a projeté enfin sa dernière goutte d'urine contre le billard japonais. Alors les comptes peuvent commencer. C'est le moment où le commerce recense ses forces et ses victimes, avec des sous."
Louis-Ferdinand Céline.
mercredi 10 octobre 2007
(film) Nueve Reinas (2002)
Le dernier film que j'avais vu avant celui là, c'était Sicko de Michael Moore (chaudement recommandé) et hier, j'avais envie de me changer un peu les yeux avec autre chose que du x-files, que je prend enfin (!) le temps de découvrir. Mais je ne vais pas apprendre grand chose à la plupart d'entre vous, des années après. Là, jai pu apprécier ça en vostf et sans pub, ce qui à l'époque n'était pas trop pensable. Fin du blabla d'intro
Nueve Reinas est un film Argentin de Fabian Bielinsky, de 2000. Deux arnaqueurs de rues de Bueno Aires, un vieux briscard et un jeunot se rencontrent et finissent pas monter 'un gros coup' ensemble. Pour ce genre de film qui triture les méninges du début a la fin, je préfère ne pas en dire plus, car jusqu'à la dernière minute on est mené en bateau, un coup à bâbord (qu'on chante qu'on chante), un coup à tribord (qu'on chante le plus fort) aussi sûrement que ces deux là embrouillent leurs victimes; puis arrive le dénouement, croustillant.
Plutôt donc que d'argumenter encore et encore, je coupe court ici et je te demande de me faire confiaaaaance... Ce film a de la classe, il a reçu 7 récompenses (dont meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleur film) auprès de la critique en Argentine.
Si j'avais à le classer dans mon armoire à dvd, je le poserai entre La prisonnière Espagnole et Snatch.
mercredi 6 juin 2007
(film) The Network (1976)
Un extrait du film ' The Network' de 1976 qui symbolise à merveille la manipulation des masses par la TV.
Peter Finch, belle performance. Je remet ce post à jour, le film ressortant au cinéma aujourd'hui.

mercredi 9 mai 2007
(livre) "Dégraissez moi ça !" & "Tous aux abris !" de Michael Moore


Deux bouquins offert à noël par m’in tcho frère Jérèmy, de Michael Moore, beaucoup plus connu pour ses films que pour ses écrits.
Une sorte d’Arlette Laguiller US, en moins poussiéreux, ou un Olivier Besancenot, en moins bien rasé et 100 fois plus charismatique.
Un Michael Moore, c’est énormément plus actif, ça tourne des films, écrit des livres, ça interview, ça se déplace partout et sa réinvesti sans cesse l’argent gagné dans sa lutte pour un monde meilleur (même si on peut s'interroger sur son silence sur les évidences du complot du 11 septembre ainsi que sur les thinks tanks ultra influent comme le Bilderberg et le CFR...)
Il nous faudrait un gars comme ça pour remplacer Coluche, et mettre des coups de pieds au cul des candidats qui viennent ressortir leurs discours tout les 5 ans dans les réunions de familles politiciennes, nous jouer leurs scènes habituelles de « Cette fois vous en avez vraiment marre et je vous ai compris et gnagnagna », « le parti adverse n’a forcement rien fait durant son mandat ou alors que du mal et gnagnagna », « NOUS allons enfin faire le changement et gnagnagnu » et autres ritournelles politiciennes archi usée visant à maintenir la flamme de leur petit commerce avec l’énième illusion d’un élan nouveau et gnognogno...
Toujours le même cirque de ces fonctionnaires du pipo,
qui pensent et réussissent encore (à voir le taux de participation des élections)
à nous faire croire qu’ils vont sauver le bon peuple délaissé par le pouvoir en
place, continuellement apeuré, d’un système mondial de plus en plus inhumain
dans lequel on s’enlise inexorablement (à moins d’être pété de thune, bien sur,
là c’est « Mr mettez vous sur le côté, on va s’occuper de vous » les
autres : CIRCULEZ !)
Alors que tous ces politiciens ne sont que des playmobils face au système mondial des puissances industrielles et financières. Ca tu l’entends pourtant souvent, mais comme toute vérité accablante, on la pousse sous le tapis, j’y pense et puis j’oublie et gnignigni…
« Dégraissez moi ça » parle du capitalisme dans son pire sens, du genre des licenciements pour le bénéfice à court terme par des entreprises qui pourtant tournent très bien (souvenez vous de ces pourritures de Michelin ! Ils ont été gonflé, et pas qu’un pneu !) Toujours avide de se gaver encore plus de pognon, qui balancent à la rue cette main d’œuvre jetable qui les a aidé à acquérir par leur travail ce même dieu fric. Et pourtant, les ventes de Michelin ont elles baissé ? Le consommateur boycotte t'il Michelin ou Danone, sur long terme...?
Ca dépeint avec férocité et humour, les délocalisations, pour payer toujours moins cher les « bonnes poires » des pays les moins riches qui produiront des biens qui seront ensuite cyniquement vendu aux ex employés licenciés qui les achèterons (s'ils le peuvent encore), offrant alors une marge plus grande dans les caisses de leurs bourreaux.
On y parle aussi par exemple d’un organisme privé américain qui fait travailler pour le compte de grosses entreprises, des tolards, en les payant au lance-pierres. Un système encore meilleur marché, et ça sans le coup d’une délocalisation !
« Tous aux Abris » est plus une attaque à la
marionnette Bush et à son équipe de néo conservateurs (sorte de nazis qui ne
disent pas leur nom), un livre faisant campagne contre la réélection de ce
poivrot idiot a qui dieu parle.
Ca additionne plein d’idées délirantes ou clairvoyantes sur les choses à faire pour aider son pays, il avance plein d’éléments qui font comprendre (pour ceux qui seraient encore crédule) qu’il faut être complètement con ou intéressé pour voter pour la bandabush.
Le tout avec un humour féroce et dans un langage bien sur
accessible, Mike Moore n’est pas à proprement parler un écrivain.
Hélas ça n’a pas suffit, les machines à truquer voter électronique
(on l'a déjà quasi dans le cul nous aussi ce suppo là) tombant mystérieusement en panne, la radiation de milliers de personnes des
listes électorales pour des motifs bénins ou éhontés (en parti en Floride chez
son frère Jeb Bush) et cela dans des zones habituellement pro-démocrates (même
si le parti démocrate américain ne vaut pas grand chose, une pâle assemblée faisant office d’opposition).
Malgré ce scandale et les délais énormes de « recomptage » pour enfin finaliser l’élection, tout roule à présent ! Vous avez vu des manifestations perdurer rempli de gens criant à l’injustice ?
Les démocrates se sont enchaînés aux mairies pour réclamer justice ? Ben non, finalement ils ont dis ok on lâche l’affaire, après un scandale pareil la vie continue et on appelle toujours ça la démocratie…
Quelle formidable fumisterie !
Nous sommes dans un monde ou une minorité de riches dominent tout et maintiennent la masse des travailleurs apeurée et craintive, auxquels on donne le loisir (souvent abrutissant) comme alcool pour oublier son assouvissement pendant qu’une autre partie de la planète crève la gueule ouverte. On fait gagner un pactole monstrueux à l’euromillions à un clampin du troupeau, en droguant de faux espoirs tout les autres, qui se disent moi aussi je peux être riche, mon heure viendra, même si j’ai une chance sur 76 275 360 2.
Un exemple : Les freres Wachowski dénoncent clairement la situation du
monde dans "Matrix" ou dans "V for Vendetta", qui sont pourtant des gros blockbusters, mais de qualité. Ce qui est fort, c’est que les gens
prennent ces situations comme une fiction noire possible de notre destinée ou
pour des métaphores stylées et bien trouvées, alors qu’on est déjà dedans et
que petit à petit, on s’y enfonce toujours plus.
Le problème dans ces films, c’est que la lumière arrive de super héros. Et comme ça n’existe pas, sur qui peut on compter, nous ? Jésuperman ?
Bon enfin voila, je vais pas te faire un dessin plus
longtemps, on est tous responsable de notre lâcheté, moi petit pion
insignifiant du système, tout comme toi, on regarde nos pompes, on est content
que ça aille à peu prés pour les nôtres et on trace notre route égoïstement,
en faisant un petit geste sympa avec un « plus dans la merde que
nous » pour se donner bonne conscience de temps en temps.
Une vidéo qui synthétise le monde dans lequel nous sommes :
lundi 2 avril 2007
(livre) Vous plaisantez, mr Tanner ? de JP Dubois
Quelques mots sur un livre sympatouille (cadeau Aubagnais :o) de 200 pages qui s'avalent avec bonheur, comme une glace à l'italienne en été.
Mr Tanner est un reporter animalier qui hérite d'une grande battisse laissée à l'abandon dans les environs de Toulouse. Il vend ensuite la sienne et avec l'argent décide de partir en croisade pour la retaper.
Les prix des différents artisans nécessaires pour faire tout ça étant, ENORME Mr Tanner décide de faire appel à des gars bossant au black. Dés lors, il devra affronter des personnages haut en couleur et les pires péripéties lui seront promise...
Ce roman est tiré de faits réels que l'auteur JP Dubois à " subit ". Le tout délivré dans un humour à froid fin et croustillant, sûrement un peu romancé un tantinet exagéré et n'hésitant pas à s'appuyer sur les clichés que l'on a des artisans du bâtiment (et quelle importance finalement, tant que c'est drôle !)
Extrait : " Je n'avais pas le choix. Entrepreneurs et maîtres d'oeuvre m'établissant des devis équivalents au PNB du Nicaragua, je devais passer par là: entrer dans les recoins obscurs du travail au noir, pénétrer ce maquis de paroles évasives, de promesses flottantes, de talents approximatifs, de tarifs changeants, de délais élastiques, découvrir un monde hors taxes, hors norme hors la loi, peuplé de débutants hésitants, de vieux rusés, de retraités chafouins, de branleurs somptueux, de génies caractériels, de fous complets de demi-fous, d'irresponsables, de menteurs, de hâbleurs, d'arnaqueurs, un monde instable, prêt à sombrer pour un mot de trop, un coup de vent, un verre de vin, un monde où il manque toujours quelque chose, un outil, une planche, du sable, du courage.
Bref une jungle étrange qui, très vite, finit par vous envahir, vous submerger et vous rendre totalement cinglé. " Bou zalé droit dans lé mour, messié Tanner. Ché types qui travaillent au noir césson des gansters, des acrobatès. Méviez bou. Ché bou zauré prébénou ".
Je savais les mises en garde d'Edouardo Gomez fondées : lorsqu'un maçon vous annonce que vous allez vous fracasser contre un mur il parle en connaissance de cause. Mais je ne voulais rien entendre, rien savoir du naufrage qui m'attendait et des flibustiers qui déjà me guettaient."
198 pages, année 2006, Editions de l'Olivier / Seuil
vendredi 30 mars 2007
Eddie Murphy, ringard en avance sur son temps
Ca fait plusieurs jours que je subis dans mes déplacements métroïfére l'agression de cette affiche accablante de la dernière comédie américaine d'Eddy Murphy pour famille Mc Do.
" Have you ever made a really big mistake " :
Comme aller voir ce genre de film ???
Allez Eddy, pathétique rentier millionnaire de la comédie US stupide, prend le ton autre gros chèque et casse toi compter tes sous dans ta villa jusqu'au prochain.












